Voyage Duxford 2017

Le vol avait été planifié en amont par Laurent, et les rôles avaient été répartis entre les 4
participants de la journée : Laurent, Georges, Olivier et moi-même (Yann).

RDV est pris tôt le lendemain à l’aéroclub, 7h30, afin de valider nos différents plans de vol, revoir
les NOTAM et la MTO puis préparer l’avion pour ce voyage. Il est 8h45 quand nous décollons de Chavenay, ciel au grand bleu, petite couche de pollution sur la région parisienne et brouillards matinaux jusqu’à la côte pour ce qui s’avère être une des plus chaudes journées de 2017.
Je suis aux commandes pour cette première branche, passés Mantes, Rouen puis Le Tréport, nous longeons la cote avec une jolie vue sur la baie de Somme. Atterrissage au Touquet avec une première approche en anglais, histoire de se familiariser puis nous réglons les formalités (douanes, dépôt de plan de vol), un petit rafraîchissement (il fait déjà très chaud à 10h du matin) et Olivier prend le relais pour la suite.

Décollage du Touquet, on suit le trajet indiqué dans le plan de vol en suivant la côte au Nord et au point DEVAL, on prend la direction de l’Angleterre au FL65 avec le gilet de secours sur le dos pour nous 4 (Safety first :)). Premier contact avec Londres Info, les premiers échanges se font balbutiants mais les contrôleurs Anglais sont très accueillants, très respectueux et très patients, n’hésitant pas à répéter en cas de mauvaise compréhension. Notre aéroport d’arrivée sera Biggin Hill, au Sud de Londres où nous serons reçu comme des ressortissants fortunés : Marshaller pour le parking, positionnement des cales sous les roues par les agents de maintenance (tout ce petit luxe se ressent sur la taxe d’atterrissage…). Un agent de la Douane nous attend afin de vérifier que le GAR (General Aviation Report), déposé la veille par Olivier, est respecté et nous sommes autorisés à pénétrer l’aéroport (après que l’un de nous ait enfilé un gilet jaune pour pouvoir identifier les déplacements de notre groupe sur le tarmac) et à profiter d’une collation gratuite.

Georges prend ensuite les commandes pour réaliser la branche de Biggin Hill à Duxford, sans la possibilité de passer par la CTR de London City (dommage… ca sera pour une prochaine). En
Angleterre, il faut savoir que la réglementation n’impose pas de minimas pour le survol des agglomérations, ce qui nous permet d’apprécier la campagne nord-londonienne d’assez prêt :).
Arrivée à Duxford, nous parkons l’avion et nous nous séparons en 2 groupes : l’un attend le refueler (camion citerne qui se déplace sur l’ensemble de l’aéroport) et l’autre qui va déposer le plan de vol retour (directement à la Tour). Une fois les opérations effectuées, nous allons remplir nos estomacs dans le café de l’aéroport, il est quand même 14h30 et le petit déjeuner est loin derrière nous.

Nous passons ensuite l’après-midi à flaner dans les différents hangars d’exposition, au milieu d’avions mythiques (Spitfire, Mustang) ayant participés à la bataille d’Angleterre pendant la 2nde
Guerre mondiale, en passant par le Concorde (visitable de l’intérieur), le B52 et à quelques modèles d’avions américains peu connus. La collection est impressionnante, on voit les mécaniciens s’affairer à la restauration ou à la maintenance de l’ensemble la flotte. Ce musée est une véritable mine d’or, pour le passionnée comme pour le néophyte, on ressent vraiment l’amour de l’aviation à chaque coin de hangar.

Il est déjà 17h et nous devons lever l’ancre pour éviter de se faire houspiller par nos femmes, nous enfilons nos gilets de secours et décollons en direction du Touquet. Le ciel est devenu un peu plus voilé et le vent s’est doucement levé mais les conditions restent idylliques, il fait chaud mais la chaleur est beaucoup plus supportable à 2000 pieds :). Nous traversons la Manche dans l’autre sens et atterrissons au Touquet pour changer de pilote.

Georges prend le relais et nous offre un survol des cotes à 500 pieds au-dessus de la mer, puis un passage à l’intérieur de la Baie de Somme avec des paysages magnifiques tout le long : mer bleue et soleil qui se reflète sur les falaises. Nous continuons ainsi jusqu’à Dieppe et entamons notre retour en direction de Chavenay. Il est un peu plus de 21h quand nous atterrissons, le temps d’un petit nettoyage, du rangement de l’avion dans le hangar et nous nous quittons après une journée très enrichissante.

Ce type de voyage devrait être une étape fortement conseillé lors de la formation de pilote. Pour mon expérience personnelle (PPL depuis 2015, 70 HDV dont 25 en CDB), ce voyage m’a permis de développer les acquis de ma formation théorique que j’ai eu l’occasion de n’appréhender que sur papier (dépôt de plan de vol, douanes, phraséologie anglaise) mais également d’échanger sur la pratique et les expériences des autres pilotes (profiter des paysages à 1000 pieds sol n’est pas une chose naturelle pour beaucoup d’entres nous mais c’est très agréable). En espérant participer à un prochain voyage rapidement.

Yann SLADEK